
énsa de Paris-Belleville, service communication, 2026
L’unité de recherche Ipraus (Institut Parisien de Recherche en Architecture Urbanistique Société) de l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville développe depuis 2022 une politique de valorisation des productions des doctorants à travers des présentations publiques « Rencontre autour de ma thèse« . Elles sont en format hybride et enregistrées et mises en ligne sur la chaîne youtube de l’ENSA de Paris-Belleville, et organisées au sein du centre de recherche documentaire Ipraus.
Le 11 mai 2026 a eu lieu, au centre de recherche documentaire Ipraus, la 11e « Rencontre autour de ma thèse » : « Les enquêtes d’architecture rurale en France 1937-2001« .
La vidéo
Visionnez l’enregistrement de cette rencontre : Les enquêtes d’architecture rurale en France 1937-2001
Les intervenants
– Frédéric Firreri, doctorant Ipraus, sous la direction de Enrico Chapel, a échangé sur son parcours et son sujet de thèse,
– Mirabelle Croizier-Minaire, maîtresse de conférences en théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine, était la discutante,
– Patrick Henry (co-directeur de l’Ipraus) était le modérateur.
Cette thèse est en préparation à l’Université Gustave Eiffel, dans le cadre de l’École doctorale Ville, Transports et Territoires, en partenariat avec l’IPRAUS – Institut Parisien de Recherche Architecture Urbanistique Société (Unité de recherche à l’Énsa de Paris-Belleville).
Résumé de la thèse
Cette thèse retrace la genèse, les évolutions méthodologiques et les enjeux historiques liés aux enquêtes sur l’architecture rurale conduites par le Musée des Arts et des Traditions Populaires entre 1937 et 2001. Issu d’un contexte intellectuel de l’entre-deux-guerres marqué par le folklore, la géographie humaine et l’intérêt croissant pour les cultures matérielles, un projet d’enquête sur l’architecture rurale se formalise en premier lieu sous l’Occupation avec le « Chantier intellectuel 1425 ». Celui-ci mobilise de nombreux architectes pour documenter l’habitat rural menacé, selon ses acteurs, par l’industrialisation. À la Libération, cette première enquête se reconfigure, puis cesse en 1948, sans pour autant disparaître. L’ambition scientifique perdure : archives, documents et outils méthodologiques deviennent le socle d’une seconde phase, lancée en 1969 par Jean Cuisenier sous la forme du Corpus de l’architecture rurale. Celui-ci marque un tournant épistémologique : l’analyse de l’architecture rurale glisse vers une approche anthropologique, structurée autour de l’idée d’une classification scientifique de types régionaux. Cette dynamique aboutit à la publication, entre 1977 et 2001, de vingt-trois volumes regroupés dans une collection sous le titre L’Architecture rurale française, corpus de genres, de types et de variantes. Elle matérialise l’ambition finale du projet : transformer une enquête de terrain en un ensemble de références littéraires savantes.
Cette succession de travaux collectifs repose sur un réseau complexe d’acteurs, d’institutions et de dispositifs administratifs, dont l’étude révèle des tensions, des réorientations et des ruptures successives. À travers cette thèse, croisant sources archivistiques, littérature savante et entretiens, est interrogée la manière dont les enquêtes produisent des connaissances nouvelles et les modalités de mise en livre pour constituer une collection d’ouvrages scientifiques. L’objectif est de comprendre comment les enquêtes ont contribué à élaborer une histoire et une analyse anthropologique de l’architecture rurale française, celle du Musée des Arts et des Traditions Populaires. Revenir aujourd’hui sur ces travaux n’a pas pour motif de comprendre comment sont construits les édifices dans une région choisie, mais plutôt de saisir le parcours de ces représentations savantes qui ont donné naissance à une vaste et singulière collection d’ouvrages.
