Ouverture de l’appel à contributions pour les journées d’études « Pédagogies animales. Ce que fait la prise en compte des vivants dans l’enseignement de l’architecture« .
sous la direction de Léa Mosconi et Mathias Rollot.
Ces journées d’études avec actes sont organisées par l’IPRAUS (ENSAPB) en partenariat avec le laboratoire AAU-Cresson (ENSAG/CNRS) et auront lieu les 17 et 18 mars 2027, à l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville.
Les propositions sont à envoyer avant le 26 octobre 2026 à : lea.mosconi@paris-belleville.archi.fr et rollot.m@grenoble.archi.fr
Comité de pilotage :
– Léa Mosconi, maîtresse de conférences, ENSA Paris-Belleville, IPRAUS
– Mathias Rollot, maître de conférences, ENSA Grenoble, CRESSON
Conseil Scientifique :
– Stéphanie Boufflet, maîtresse de conférences, ENSA PVS, CRH
– Quentin Clémence, enseignant ENSA Paris-Belleville, IPRAUS
– Mirabelle Croizier, maîtresse de conférences, ENSA Paris-Belleville, IPRAUS.
– Patrick Henry, professeur, ENSA Paris-Belleville, IPRAUS
– Marc Higgin, ingénieur de recherche CNRS, CRESSON
– Pauline Ouvrard, professeur, ENSA Nantes, CRENAU
Argument :
Ces journées d’études interrogent les manières dont les animaux non-humains sont déployés dans les pédagogies des écoles d’architecture. Elles ont pour vocation de servir d’espace de partage, de rencontre et de débat sur ce sujet ; et de constituer une étape de travail collectif au sein d’un processus de réflexion à plus long terme devant aboutir à la publication d’un ouvrage collectif au printemps 2028. Quatre axes sont imaginés a priori :
1. Emprunts et circulations disciplinaires
Ce premier axe interroge l’ouverture disciplinaire qu’engage la question animale en école d’architecture. Pour construire une pédagogie avec, pour, depuis l’animal, est-ce qu’il faut emprunter les méthodes et outils issus des autres champs comme l’écologie, la sociologie, l’anthropologie, l’archéologie, l’ingénierie, l’éthologie ou l’histoire de l’art ? De l’interdisciplinaire à l’interculturel, de l’intergénérationnel à l’interscalaire, la circulation dynamique des problématiques ne paraît jamais si nécessaire que lorsque les questions plus qu’humaines sont en jeu. Que provoquent ces circulations dans l’enseignement de l’architecture ? Observons-nous des hybridations fécondes, ou au contraire des tentatives pédagogiques se sont-elles avérées malheureuses ? Ces expériences permettent-elles d’alimenter les débats autour de la dialectique de l’autonomie et l’hétéronomie de l’architecture ?
2. Décentrement et animalité
Le deuxième axe questionne la capacité d’un enseignement centré sur les vies sentientes non-humaines à engendrer un décentrement de la pédagogie de l’architecture. Prendre en compte ces corps, comportements, mouvements, rythmes qui diffèrent des nôtres, quelles transformations des cultures, méthodologies et épistémologies architecturales habituelles cela induit-il ? Quels espaces sensibles, quelles ambiances singulières, quels imaginaires anthroposcéniques pourraient ne s’ouvrir qu’à la lisière interspécifique ? L’enjeu est de comprendre les modalités de ces déplacements et décentrements, ce qu’ils peuvent induire comme dispositifs pédagogiques particuliers, ce qu’ils produisent comme projets architecturaux singuliers, ou encore les manières dont ils sont demandés ou reçus par les communautés étudiantes.
3. Altérité et soin
Animaux domestiques mis à part, les modalités relationnelles récentes entre animaux humains et non-humains semblent avoir été massivement marquées par la domination et l’exploitation. Cet héritage a contribué à façonner nos imaginaires et notre rapport cosmologique aux animaux, mais aussi leurs places et leurs rôles dans l’architecture, la ville et les territoires. En mobilisant les notions d’altérité, d’empathie, d’écologie du sensible, de sentience autant qu’en se saisissant des études autour du “Care” et du commun et des champs écoféministes ou antispécistes certains enseignements paraissent convoquer la possibilité d’autres relations aux animaux pour entrevoir d’autres dispositifs spatiaux, à toutes les échelles. Dans ce troisième axe seront accueillies les contributions illustrant de quelles manières des modalités pédagogiques particulières en ENSAP réussissent à travailler en ce sens, vers des établissements plus qu’humains désanthropocentrés.
4. Les conditions de vie en ville des animaux
Un quatrième axe s’intéresse aux pédagogies qui questionnent la manière dont la vie animale se développe – ou pourrait se développer – dans les territoires urbains, périurbains ou ruraux, en tentant notamment de sortir d’une perspective anthropocentrée des animaux ou d’une gestion utilitariste de la biodiversité. Une variété d’approches pédagogiques et méthodologiques semble chercher les contours théoriques, esthétique, morphologiques et typologiques de la zoopolis – du travail interdisciplinaire avec l’écologie et de l’éthologie jusqu’à l’étude des urbanités plus qu’humaines par leurs ambiances et atmosphères, en passant par la construction de recherche-action ou de recherche par le projet. Par quels angles pédagogiques ces nouveaux types de cohabitations urbaines sont-ils co-construits ? De la transmission des savoirs à l’expérimentation collective, comment les enseignements questionnent-ils les modalités d’urbanités plus qu’humaines mieux partagées ?
