La soutenance de thèse de doctorat en architecture de Frédéric Firreri aura lieu à l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville (60 boulevard de la Villette, 75019 Paris) le 12 octobre 2026, à 14h30, en salle Bobenriether (1er étage).

Titre de la thèse: Les enquêtes d’architecture rurale en France, 1937-2001

Affiliation: Unité de recherche IPRAUS, ENSA Paris-Belleville; École doctorale n°528 Ville transports, territoires; Université Gustave Eiffel.
Directeur de thèse: Enrico Chapel, professeur HDR, ENSA Paris-Belleville

Composition du jury:
Mme Marilena KOURNIATI – Maîtresse de conférences ENSA Paris La Villette  – Examinatrice
Mme Caroline MANIAQUE – Professeure HDR ENSA Normandie – Rapporteure
Mme Constance RINGON – Maîtresse de conférences ENSA Toulouse – Examinatrice
Mme Estelle THIBAULT – Professeure HDR ENSA Paris Belleville – Examinatrice
M. Enrico CHAPEL – Professeur HDR ENSA Paris Belleville – Directeur de thèse
M. Jean-Philippe GARRIC – Professeur HDR Panthéon Sorbonne Paris 1  – Rapporteur
M. Daniel LE COUÉDIC – Professeur émérite Université de Bretagne occidentale – Examinateur
Résumé :
Cette thèse retrace la genèse, les évolutions et les enjeux historiques liés aux enquêtes sur l’architecture rurale conduites par le Musée des Arts et des Traditions Populaires entre 1937 et 2001. Issu d’un contexte intellectuel de l’entre-deux-guerres marqué par le folklore, la géographie humaine et l’intérêt croissant pour les cultures matérielles, un projet d’enquête sur l’architecture rurale se formalise en premier lieu sous l’Occupation avec le « Chantier intellectuel 1425 ». Celui-ci mobilise de nombreux architectes pour documenter l’habitat rural menacé, selon ses acteurs, par l’industrialisation. À la Libération, cette première enquête se reconfigure, puis cesse en 1948, sans pour autant disparaître. L’ambition scientifique perdure : archives, documents et outils méthodologiques deviennent le socle d’une seconde phase, lancée en 1969 par Jean Cuisenier sous la forme du Corpus de l’architecture rurale. Celui-ci marque un tournant épistémologique : l’analyse de l’architecture rurale glisse vers une approche anthropologique, structurée autour de l’idée d’une classification scientifique de types régionaux. Cette dynamique aboutit à la publication, entre 1977 et 2001, de vingt-trois volumes regroupés dans une collection : L’Architecture rurale française, corpus de genres, de types et de variantes. Elle matérialise l’ambition finale du projet : transformer une enquête de terrain en un ensemble de références littéraires savantes.
Cette succession de travaux collectifs repose sur un réseau complexe d’acteurs, d’institutions et de dispositifs administratifs, dont l’étude révèle tensions, réorientations et ruptures successives. À travers cette thèse, croisant sources archivistiques, littérature savante et entretiens, interroge la manière dont les enquêtes produisent des connaissances nouvelles et les modalités de mise en livre pour constituer une collection d’ouvrages scientifiques. L’objectif est de comprendre comment les enquêtes ont contribué à élaborer une histoire et une analyse anthropologique de l’architecture rurale française, celle du Musée des Arts et des Traditions Populaires. Revenir aujourd’hui sur ces travaux n’a pas pour motif de comprendre comment sont construits les édifices dans une région choisie, mais plutôt de saisir le parcours des représentations savantes de l’architecture rurale française.

Mots clés: architecture rurale, vernaculaire, Musée des Arts et des Traditions Populaires, Chantier intellectuel 1425, enquêtes, ouvrages, patrimoine rural.

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