Présentation

Mirabelle Croizier est architecte du patrimoine, titulaire d’un Master 2 professionnel « Jardins historiques, patrimoine, paysages », et d’un doctorat en Architecture (2025). Elle est enseignante chercheure à l’école nationale supérieure d’architecture de Paris Belleville.

Elle conduit également une pratique. Aux côtés de Dominique Larpin, architecte en chef des monuments historiques, elle a réalisé de nombreux projets de restauration de jardins : Méréville (Essonne), Jardin des Plantes et Château d’O à Montpellier, Plateau des Poètes à Béziers, Tuileries à Paris… Associée aujourd’hui avec Antoine Quenardel, paysagiste, avec qui elle a fondé l’agence Tout se transforme, elle a réalisé le jardin de la Bibliothèque nationale de France (site Richelieu), le réaménagement des jardins du Palais des Papes d’Avignon, l’aménagement des jardins de l’abbaye de Noirlac ou encore du parc Buffon à Montbard.

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Thèse

Cultiver l'histoire - jardins historiques en projets

Résumé :

Thèse soutenue à l’ensapb le 27 octobre 2025 ; composition du jury :

  • Frédéric POUSIN, Directeur de recherche émérite CNRS, directeur de thèse
  • Elena COGATO-LANZA, Professeure, Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, rapportrice
  • Denis DELBAERE, Professeur, Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, rapporteur
  • Stéphanie DE COURTOIS, Maîtresse de conférences, Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, examinatrice
  • Marc JEANSON, Ingénieur de recherche, Institut Systématique Evolution Biodiversité, examinateur
  • Nathalie LANCRET, Directrice de recherche CNRS Centre Asie du Sud-Est, examinatrice
  • Magali PARIS, Maîtresse de conférences, Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles, examinatrice

Résumé :

Aujourd’hui, le jardin historique fait face à de nombreux enjeux, patrimoniaux mais aussi climatiques, sanitaires et sociaux auxquels il n’était pas forcément préparé. La valeur patrimoniale est souvent mise en cause face à l’urgence écologique. Pourtant, patrimoine et écologie ne s’opposent pas nécessairement si l’on est capable de lire et de comprendre ces jardins dans toute leur épaisseur et leur complexité. Objet hybride, monument historique et lieu vivant, le jardin historique peut être un modèle d’adaptation face aux bouleversements actuels, à condition de savoir lire les traces de sa relation entrecroisée avec son milieu, d’explorer l’histoire de la relation entre jardin et territoire. La perspective de cette recherche est de développer la connaissance des relations historiques entre un jardin et son territoire, pour mieux armer les projets paysagers de transformations mais aussi de création dans des sites historiques. Ainsi que d’imaginer comment ces projets peuvent à leur tour rendre l’histoire vivante. Comprendre un jardin historique est une entreprise complexe, qui nécessite de faire appel à plusieurs disciplines pour embrasser des champs et des échelles différentes, ainsi que de s’emparer de la commande, souvent fragile devant cette réalité compliquée. Nous tentons de démêler les fils qui tissent la dynamique du projet dans un jardin historique, afin de montrer comment, par le projet, les disciplines sont confrontées aux savoir-faire et aux données de terrain, pour produire une connaissance particulière, à chaque fois située, au-delà d’une méthode unique et définitive. Dans une première partie, nous définissons ce que signifie un projet dans un jardin historique, quelles sont les spécificités de ce patrimoine, qui sont les acteurs, quels sont les enjeux. Puis nous décryptons, dans la deuxième partie, deux cas d’étude révélateurs des contextes diversifiés des jardins historiques. Il s’agit à chaque fois de sites en lien avec un territoire et pour lesquels des projets ont été élaborés. Le premier est un grand domaine viticole privé dans le Beaujolais, le second un Centre culturel de rencontre porté par le département au sein d’une ancienne abbaye cistercienne du Cher. Pour chacun d’entre eux, nous montrons comment l’exploration d’archives, l’enquête de terrain, et l’interprétation de toutes les sources ont permis de produire une connaissance qui devient le terreau du projet, et comment celui-ci peut à son tour influencer la commande. Une troisième partie réaffirme le lien entre archives et terrain comme cœur du projet, pour imaginer l’avenir d’un site. Plonger dans les archives permet d’articuler le jardin avec son histoire culturelle et avec l’histoire des techniques. Explorer le terrain offre de nombreuses clés de compréhension, notamment pour saisir la sensibilité d’un concepteur à un site particulier qui permet d’optimiser les ressources et de travailler à l’économie. Cette approche nous donne des clés pour adapter le projet paysager aux enjeux environnementaux. Enfin, la thèse se conclut sur les nombreux défis que doivent relever bien des projets de jardin historique, à commencer par les défis du projet lui-même, les enjeux économiques et écologiques qui nécessitent de dépasser l’opposition entre sanctuarisation et exploitation de la nature. La place du jardinier, et du soin que l’on apporte à ces jardins est remise au cœur du projet dans un jardin historique.

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